
L’IA dans mes jeux : un outil, pas le développeur
Je préfère être totalement transparent : oui, j’utilise beaucoup l’intelligence artificielle pour développer mes jeux.
Je ne suis pas développeur de formation. Je ne maîtrise pas suffisamment la programmation pour transformer seul toutes mes idées en systèmes fonctionnels sur Godot.
L’IA me sert donc principalement à combler cette partie technique : je sais ce que je veux créer, et elle m’aide à le construire.
Et je pense qu’il y a une différence importante entre cette manière de travailler et certains « jeux IA » que l’on voit apparaître aujourd’hui.
Un jeu créé avec l’IA n’est pas forcément un jeu créé par l’IA
Je comprends parfaitement pourquoi les jeux utilisant l’IA peuvent avoir mauvaise réputation.
On voit apparaître des projets générés extrêmement rapidement, parfois presque entièrement à partir d’un prompt, assemblés avec du contenu généré automatiquement puis directement mis en vente.
Ce n’est absolument pas ma démarche.
Mes jeux ne naissent pas d’un prompt du genre :
« Fais-moi un RPG de capture de monstres et publie-le. »
Ils évoluent pendant des semaines et des mois de travail.
Je réfléchis au gameplay, aux mécaniques, à l’univers, à la progression, aux créatures, aux niveaux, à l’équilibrage, aux dialogues, à l’ambiance sonore, à l’interface...
J'investis du temps, de l'argent.
Je teste.
Je trouve quelque chose mauvais.
Je le supprime.
Je recommence.
Je change complètement une mécanique trois semaines plus tard parce qu’en pratique elle n’est finalement pas amusante ou intéressante.
Bref, je développe un jeu.
La différence, c’est simplement que lorsque vient le moment de transformer mes idées en code, j’ai besoin d’un outil capable de traduire ce que j’imagine en quelque chose que le moteur peut comprendre.
L’IA est mon outil de développement
Pour moi, l’IA se rapproche davantage d’un outil extrêmement puissant que d’un bouton « Créer mon jeu ».
Je lui explique précisément une mécanique, son fonctionnement, ses interactions avec les autres systèmes et le résultat que je recherche. Elle peut ensuite m’aider à écrire ou modifier le code nécessaire.
Mais derrière, je joue au jeu.
Je regarde ce qui fonctionne.
Je décide ce qui doit changer.
Je retravaille les mécaniques.
Je modifie les maps.
Je rééquilibre.
Je fais refaire certaines choses dix fois s’il le faut.
Et surtout : les décisions créatives restent les miennes.
L’IA peut me proposer vingt solutions. C’est toujours moi qui décide si aucune ne convient et qu’il faut partir dans une vingt-et-unième direction.
Sans l’IA, mes idées resteraient probablement dans un carnet
C’est finalement la raison principale pour laquelle j’utilise ces outils.
J’ai énormément d’idées de jeux, de mécaniques, d'univers et de systèmes. Ce qui m’a toujours manqué, c’est la capacité technique de les transformer en véritables jeux vidéo.
Apprendre suffisamment la programmation pour réaliser seul certains de mes projets demanderait énormément de temps avant même de pouvoir commencer à construire ce que j’imagine.
L’IA a changé ça.
Elle ne me donne pas les idées.
Elle me donne les moyens de les concrétiser.
C’est un peu mon pont entre :
« J’aimerais que mon jeu puisse faire ça. »
et
« OK, maintenant ça fonctionne. »
Et ce pont me permet ensuite d'expérimenter, de modifier et d'aller beaucoup plus loin.
Derrière chaque jeu, il y a des mois d’itérations
C’est probablement le point auquel je tiens le plus.
Quand vous jouez à l’un de mes jeux, vous ne jouez pas au résultat d’un prompt envoyé hier soir.
Vous jouez à quelque chose que j’ai imaginé, testé, modifié, parfois cassé puis reconstruit pendant des mois.
Certaines idées disparaissent complètement.
D’autres apparaissent en plein développement.
Des systèmes qui semblaient géniaux sur le papier deviennent mauvais une fois jouables.
Et certaines petites idées deviennent finalement des mécaniques centrales.
C’est précisément ce processus qui transforme une idée en jeu.
L’IA accélère énormément certaines étapes de ce processus, mais elle ne remplace ni les choix, ni les essais, ni les erreurs, ni les centaines de petites décisions qui donnent progressivement une identité au projet.
Alors oui, mes jeux utilisent l’IA
Et je ne souhaite pas le cacher.
Au contraire, je trouve intéressant qu’une personne qui ne savait pas réellement coder puisse aujourd’hui transformer ses idées en véritables jeux grâce à ces nouveaux outils.
Je ne prétends pas avoir écrit personnellement chaque ligne de code.
Je préfère dire exactement ce qu’il en est :
j’imagine, je conçois, je dirige, je teste, je modifie et j’améliore mes jeux, tandis que l’IA m’aide à franchir les barrières techniques que je ne saurais pas encore franchir seul.
Pour moi, l’important n’est donc pas de savoir si une IA a participé au développement.
La vraie question est plutôt :
Est-ce que quelqu’un s’est réellement donné du mal pour créer une expérience intéressante derrière ?
Et c’est exactement ce que j’essaie de faire avec chacun de mes projets.
Voilà, j’espère que ce petit devlog n’aura pas été trop long !
Je tenais vraiment à prendre le temps d’expliquer ma façon de travailler et surtout à être transparent sur l’utilisation de l’IA dans mes projets.
Merci à ceux qui auront lu jusqu’au bout, et surtout merci à ceux qui suivent/suivront mes jeux et leur évolutions futures. Ce n’est que le début d'un longue aventure !
